TheChoupi06

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Tic-tac tic-tac, vos intestins vont-ils exploser

Chère lectrice, cher lecteur, 


« Actuellement, en France, on est ballonné partout », lançait le Pr Henri Joyeux lors d’une récente conférence [1]. 

« On est ballonné dans les hôpitaux ; on est ballonné dans les ministères ; on est ballonné dans les familles, et on est ballonné dans les maisons de retraite ! » Les trois facteurs principaux sont :

  • Le stress et le manque d'activité physique 

  • L'augmentation des polluants, à commencer par les métaux lourds, dans l'air, l'eau et les aliments que nous consommons 

  • Une nourriture mal supportée par nos intestins, entraînant l'inflammation du tube digestif et de la porosité intestinale, source d'innombrables maux 

Mais votre corps ne reste pas passif. Au contraire, il ne cesse de vous envoyer des signaux de détresse ! Diarrhées, constipation, douleurs abdominales, flatulences et mauvaise haleine, maux de tête, insomnie, fluctuation d'humeur sont, entre autres, ses façons de vous crier « AU SECOURS ! » 

Mais pourquoi un grand cancérologue comme le Pr Joyeux s’inquiète-t-il de nos problèmes digestifs ? 

Parce que le lien est malheureusement très étroit avec les plus graves maladies

Une chercheuse du MIT dénonce le risque de cancer 

Dans le dernier numéro de la revue scientifique Nature (19 novembre 2015), Susan Erdman, microbiologiste au MIT (Massachusetts Institute of Technology), partage ses inquiétudes sur l’évolution du microbiote humain (microbiote est le nom savant de « flore intestinale »). 

Elle explique comment l’alimentation industrielle et les antibiotiques ont bouleversé nos populations microbiennes. 

Ces bouleversements provoquent une inflammation chronique des intestins qui, selon elle, pourrait expliquer la hausse du risque de cancer du sein, des ovaires et de la prostate [2]. 

Risque multiplié d’accident cardiaque

Rappelons, en outre, qu’une inflammation chronique est un risque de maladies cardiaques. 

Selon le cardiologue Jean-Claude Tardif, directeur de l’Institut de Cardiologie de Montréal : 

« Le risque que les personnes atteintes d’une maladie inflammatoire fassent un infarctus est cinq à dix fois supérieur, selon leur état. Toute forme d’inflammation circulante peut augmenter le risque de subir un problème cardiaque. [3] » 

Les facteurs d’inflammation abîment l’intérieur de nos artères. Ils provoquent à long terme de l’athérosclérose : au niveau du cœur, c’est le risque d’infarctus (crise cardiaque). Au niveau des artères carotides et du cerveau, c’est le risque d’AVC (attaque cérébrale pouvant provoquer amnésie, handicap ou mort). 

Une mauvaise flore intestinale serait donc liée aux deux premières causes de mortalité : le cancer et les maladies cardiaques. 

Plus de 200 maladies liées à des problèmes de flore intestinale

Mais au delà, plus de 200 maladies sont liées à un déséquilibre de la flore intestinale. Selon une synthèse d’études scientifiques [4], c’est le cas :

  • Des maladies digestives chroniques comme la constipation, la maladie cœliaque, la perméabilité intestinale, le syndrome du côlon irritable, la maladie de Crohn 

  • Des maladies inflammatoires (y compris les allergies) 

  • Des maladies liées au métabolisme comme le diabète, l’hypertension, l’obésité 

  • Des maladies de la peau comme l’acné, l’eczéma, les dermatites, l’herpès, le psoriasis

  • Des maladies infectieuses comme les diarrhées, rhume, grippe, gastro, infections au Clostridium difficile ou à H. pylori 

  • Des cancers, en particulier celui du côlon 

Stop à la guerre aux « microbes »

La guerre aux « microbes » est donc en train de très mal se terminer… pour nous. 

L’abus d’antibiotiques et l’alimentation industrielle ont bouleversé notre flore intestinale. 

Normalement, ces bactéries nous protègent :

  • Elles empêchent les microbes agressifs de s’implanter 

  • Elles forment une barrière qui les empêche de passer dans notre sang 

  • Elles achèvent la bonne digestion de nos aliments, permettant en particulier d’extraire les vitamines B, acides gras, enzymes 

  • Surtout, elles sont le pilier central de notre système immunitaire : les scientifiques estiment qu’elles représentent 80 % de nos défenses naturelles

Encore faut-il que leur équilibre et leurs besoins soient respectés : qu’elles soient convenablement nourries, et renouvelées ; qu’elles ne soient pas périodiquement passées au « Round Up » (produits antiseptiques et antibiotiques). 

Les antibiotiques sont le Round-Up de nos intestins

Les bébés reçoivent à leur naissance la flore intestinale de leur maman. Ils sont mis en contact avec elle lors de leur passage dans le canal de naissance. Leurs voies digestives, jusque-là stériles, sont ensemencées. 

Pour les bébés nés par césarienne, ce sont malheureusement les bactéries du milieu hospitalier qui s’installent, ce qui peut expliquer leur plus grande tendance aux allergies. 

Mais dès le plus jeune âge, nos enfants sont aujourd’hui massivement exposés à des traitements par antibiotiques qui déciment leur flore intestinale. 

« En utilisant un désinfectant, le délicat équilibre bactérien s’effondre. Un grand nombre de micro-organismes meurent, laissant la place à d’autres parfois plus virulents », explique Pascale Hanssens des Hôpitaux Robert Schuman (Luxembourg) [5]. 

C’est malheureusement ce que nous faisons trop souvent, parce que nous ignorons la gravité des conséquences pour nous : 

Une étude américaine parue en juin 2012 dans le Journal of allergy and clinical immunology a montré que les personnes de la communauté Amisch, une population des Etats-Unis qui vit dans des fermes traditionnelles sans sanitaires, sans électricité, sans eau courante et sans